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A la veille de l'examen d'hadopi 2
Published: Sep 15, 2009 - 04:08 PM
A la veille de l'examen d'hadopi 2, le bilan n'est pas très rose pour le marché de la musique. Le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) a publié les chiffres du marché pour le 1er semestre et constate une chute de près de 18%. Alors à qui la faute ? Les pirates sont montrés du doigt.
On déplore également le manque de développement au niveau de la musique numérique. Peut-être y a-t-il encore d'autres causes.
C'est une petite claque que cette décroissance du marché de la musique. Sur le 1er semestre 2009, le SNED chiffre le revenu à 229,2 millions d'euros contre 279 au 1er semestre 2008 et 414,9 millions en 2004 (S1). En un an, la chute est de 17,8%.
C'est le secteur de la vente physique qui tire le marché vers le bas avec une chute de 21%. On passe de 243 millions d'euros à 191,5 millions. Le marché physique pèse pour 83% du marché global quand la musique numérique qui progresse de 3,3% représente 37,7 millions d'euros et seulement 17% du marché global.
Certes, le marché numérique gagne des points petit à petit mais la marche est longue. Et surtout elle ralentit le pas ! En effet, on passe de 13% du marché global à 17% pour la musique numérique mais il faut se souvenir qu'entre le 1er semestre 2007 et le 1er semestre 2008, la progression avait été plus marquée. La musique numérique passait de 7% à 13%.
Ces chiffres tombent à pic car rappelons-le, les députés plancheront à nouveau sur la loi Hadopi ce mardi 15 septembre. Et pour le SNEP, aucun doute, le piratage des œuvres musicales est le grand responsable : « Les pratiques illicites en matière de téléchargement de contenu sont depuis six ans un phénomène de masse qui a détruit plus de 50 % (soit 700 millions d'euros) de la valeur du marché de la musique en France. »
Cette chute importante ne semble pas toucher tout le monde. En effet, on notera que sur la même période, le chiffre d'affaires d'Universal Music Group s'élève à 2 009 millions d'euros et subit un léger recul de 1,7%. Les ventes de musique numérisée augmentent de 29%.

En parallèle, il convient de revenir sur le marché de la musique en ligne. D'une part, parce que le rapport entre les différents canaux évolue et d'autre part, parce que le reproche est souvent fait que le développement de l'offre légale n'est pas assez marqué.
Le marché du numérique au premier semestre représente 37,6 millions d'euros. La progression est de 3,3% par rapport au premier semestre 2008. Là encore, la progression avait été bien plus marquée entre le 1er semestre 2007 (23 millions d'euros) et le 1er semestre 2008 (36,5 millions d'euros). Les revenus ont trois sources : le téléchargement internet qui représente 17,8 millions d'euros soit 47,3 % des revenus numériques, en progression de 39 % par rapport au premier semestre 2008, les revenus de la téléphonie mobile qui représentent 9,8 millions d'euros soit 26 % des revenus numériques. Cela dit on note une forte baisse en baisse de 51 % par rapport au premier semestre 2008. Enfin, à l'opposé, les autres revenus (streaming et abonnement) qui s'accroissent : 10 millions d'euros soit 26,7 % des revenus numériques. Ils ont été multipliés par 3 depuis le premier semestre 2008. Au premier semestre 2008, ces revenus ne représentaient que 3,4 millions et étaient inexistants auparavant.
On oublie souvent ce volet de la loi Hadopi mais outre l'aspect répressif, cette loi vise également à développer l'offre légale de téléchargement. Frédéric Mitterrand a confié à Patrick Zelnik, le fondateur et patron de la maison de disque Naïve), Jacques Toubon, l'ancien ministre de la Culture du gouvernement Balladur en 1993 et Guillaume Cerrutti, le patron de Sotheby's France une mission : le développement de l'offres légales via le téléchargement, le streaming et l'abonnement.
A titre d'exemple, il est intéressant de faire le parallèle avec la situation aux USA. L'institut d'études NPD montre que si le CD reste le support le plus populaire, la musique numérique gagne du terrain. Sur le premier semestre 2009, le CD représente 65% des ventes totales de musique. Les téléchargements représentent 35% des ventes. En termes de volume de vente dans le retail incluant les supports physiques et digitaux, NPD constate que le vendeur #1 n'est autre qu'Apple iTunes qui concentre 25% des ventes (25% contre 21% en 2008 et 14% en 2007 !). Arrive ensuite le groupe Walmart (avec Walmart, Walmart.com, Walmart Music Downloads) avec 14% et Best Buy qui prend la troisième place. Mais iTunes assoit encore et toujours sa position sur le marché de la musique digitale : au premier semestre 2009, le site de téléchargement concentre 69% du marché suivi par Amazon MP3 avec un petit 8%. Sur les ventes de CD, le leader est Walmart avec 20% de PdM.
En France, on constate certaines initiatives de la part des revendeurs. La Fnac et Amazon.fr avaient mis en place une belle opération pour la Fête de la musique avec une sélection d'albums et des prix intéressants. De manière générale, il semble que les prix baissent également pour les CD achetés sur le Web. Enfin, un site de streaming comme Deezer innove également et est désormais le premier affilié à la plateforme de téléchargement légale iTunes.
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