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Lettre ouverte à toute la filière "live"
Published: Feb 04, 2009 - 12:00 AM
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</span> Coup de gueule de Jean-Claude Barens, le patron du Festi’Val de Marne et son équipe ont rédigé une "lettre ouverte aux producteurs, tourneurs, régisseurs, artistes, et à tous ceux qui se sentiront concernés" publiée sur le site de Télérama. Ils reviennent sur la détérioration des relations entre artistes, tourneurs et organisateurs et compilent les dérapages et les difficultés recensés.
Dans cette lettre ouverte à toute la filière "live", Jean-Claude Barens se questionne : "Notre secteur d’activité a-t-il perdu, depuis quelques années, tout sens de la réalité ?"
La lettre énumère les difficultés en cinq points (programmation, contrats, technique, accueil, relations humaines) et tout y passe : explosion des montants des contrats de vente, annulation sans raison objective et réelle, dépréciation du rôle d’entrepreneur de spectacles par les maisons de disques, demande d’acomptes, captation non prévue au contrat, contrat qui arrive hors délai, exigences disproportionnées des groupes, non-respect des horaires prévus et des contraintes techniques des autres artistes, problème de communication entre les tourneurs et les régisseurs, etc.
La lettre se conclut ainsi : "Nous ne sommes pas une BANQUE, ni une ÉPICERIE FINE, ni un TOUR OPÉRATEUR, ni le CLUB MED : nous sommes UN FESTIVAL ! C’est uniquement à ce titre que nous resterons volontiers votre interlocuteur."
Le directeur du festival se défend de vouloir jouer la victime et ne vise personne en particulier. Il espère simplement "que ce travail aidera à avancer ensemble en remettant rigueur, humilité, solidarité et respect au cœur de nos relations et en effaçant certains comportements ou mauvaises habitudes qui rendraient l’avenir bien sombre pour nos métiers s’ils se perpétuaient ".
Quelques perles lues dans les riders accompagnent ce courrier. Sa publication sur le site de Télérama a suscité un certain nombre de réactions qui en disent également long sur le ressenti d’une profession en difficulté. Certains renchérissent comme Monsieur Benjamin : "Le plus drôle c’est que les contrats et fiches techniques des groupes sont de plus en plus volumineux, et que, le jour même, les artistes ne sont même pas au courant des demandes de leur propre production. " Et d’autres comme Gastonfred du groupe Royal Gala tentent d’expliquer que si certains artistes abusent, cela peut être également le cas de certains producteurs : "Je peux vous dire que les plans galères pas payés (je ne parle même pas d’être déclaré…), on en a fait jusqu’à la limite du supportable. Accueil de merde, ingés-son incompétents, pas de salaire et tu payes ton verre si t’as soif… Je ne citerais pas de noms de salles en particulier, je dirais juste que c’est une spécialité toute parisienne qui devient maintenant à la mode en province également. J’ai un jour arrêté tout simplement de jouer dans ce genre d’endroit. Résultat : Plus de dates depuis 2 ans.
Tout ça pour dire que la grande majorité des artistes (artisans) de ce pays ne sont ni exigeants ni capricieux, car ils sont tout simplement en train de crever en silence… " Il semble que le débat soit ouvert sur un sujet longtemps resté tabou.
Lire la lettre ouverte sur le site de Télérama
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