Arts du Cirque : Promouvoir la création de liberté

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La solidarité, l’esprit collectif, la tension vers l’harmonie de l’énergie singulière et de l’intérêt général – le spectacle d’une liberté d’invention en acte – sont autant de valeurs et de qualités portées par les arts du cirque. C’est là un univers de sens, de partage, d’autonomie et d’audace : un foyer d’énergie et d’enthousiasme, d’exigence et de fête, de concentration et d’ouverture. Des qualités et valeurs également au fondement de l’engagement politique et de l’action des élus. Des qualités qui sont celles de notre République, mais dont il a été dramatiquement démontré, en cet inacceptable et meurtrier début de mois de janvier 2015, qu’elles n’étaient pas assez partagées, insuffisamment transmises et trop faiblement intériorisées.

C’est sous le signe de cette brutale prise de conscience que le Groupe de concertation d’élus et de professionnels sur les arts du cirque, initié à Auch en octobre dernier, a organisé, le 6 février à Marseille, une table-ronde sur le thème :  »Quelle politique culturelle de territoire pour les arts du cirque ? Diagnostic et perspectives ».

Une initiative accueillie par le Musée des civilisations européennes et méditerranéennes (MuCEM) et déployée dans le cadre novateur de la première Biennale internationale des arts du cirque de Marseille créée sous l’impulsion du Pôle cirque Méditerranée, dans le sillage de Marseille/Provence capitale européenne de la culture.

Ce moment a également permis de mesurer l’inquiétude des milieux professionnels du cirque : compagnies en difficulté, festivals suspendus ou annulés, lieux menacés, programmations réduites, multiplications des petites formes…, une litanie de jour en jour toujours plus dense. Il ne faut pas se résigner, mais s’enorgueillir du travail accompli et se mobiliser pour le continuer, pour l’amplifier.

La conjonction d’un désarroi de société et d’une fragilisation des métiers de la création artistique a déjà permis d’identifier une première voie de réponse : le groupe de concertation accueille la Fédération française des écoles de cirque (FFEC), représentant incontournable de l’importance névralgique de la transmission. Avec une cinquantaine de participants au débat, la table-ronde du 6 février a marqué la volonté de continuité de l’engagement conjoint des élus et des artistes pour défendre les valeurs de la culture et les acquis de 50 ans de politiques culturelles sur les territoires.

Avec, à l’horizon, une nouvelle rencontre publique fixée à l’automne 2016 au Pôle national des arts du cirque de Boulazac (Dordogne), afin d’approfondir l’élaboration d’une parole de responsabilité commune entre les professionnels du cirque et les élus. Le temps est certes à la difficulté, avec notamment une perspective redoutable, inacceptable – et qui doit être réinterrogée – de baisse des dotations de l’Etat aux collectivités alors même qu’une profonde mutation de l’organisation territoriale est en cours.

Mais le temps est aussi au dialogue, donc à l’espoir et à nécessité de l’enthousiasme. Il n’est pas question de renoncer mais bien de s’élever, de se projeter dans le mouvement, dans l’élan, le saut. L’un “assure”, l’autre s’élance et la figure de l’avenir se construit. C’est l’essence même du cirque : un esprit de soutien mutuel et d’invention partagée qui anime notre groupe de concertation. Le Groupe de concertation d’élus et de professionnels sur le Arts du Cirque


Table-ronde « Quelle politique pour la culture ? » [vidéo]

 Le 5 novembre 2014, le Comité d’histoire organisait un débat entre praticiens et historiens des politiques culturelles à l’occasion de la parution de la 3e édition revue et augmentée de « La Politique culturelle en débat ».

Avec Maryvonne de Saint Pulgent, présidente du Comité d’histoire, Philippe Poirrier, professeur à l’Université de Bourgogne et coordinateur de l’ouvrage, Laurent Martin, professeur à Paris 3 et David Kessler, ancien conseiller culturel de François Hollande.

 Vidéo


Quelle politique pour la culture? par culture-gouv

Verbatim

« Qui dit anthologie dit choix, choix de textes […] avec l’ambition d’aller jusqu’à nos jours. Choix de textes issus d’acteurs différents. Une anthologie qui tente de refléter l’ensemble des débats. C’est-à-dire ne pas mettre en scène uniquement des débats suscités par les gens qui assurent le pouvoir. Sinon, il y avait un véritable risque, celui de proposer une forme d’histoire officielle […]. Donc, c’est autour de cette ambition-là que nous avons choisi une soixantaine de textes, allant de 1955 au printemps 2014. […] Il nous semblait que le système de l’anthologie était assez pratique puisqu’il permettait au lecteur de s’immerger dans les débats. » (Ph. Poirrier)

« Outil essentiel, dans la construction d’une histoire et dans la transmission d’une mémoire de ce qui a été, de ce qui est encore, la politique culturelle et les politiques publiques en faveur de la culture dans ce pays. » (L. Martin)

« Si on lit l’ouvrage de manière linéaire et exhaustive, c’est d’abord l’histoire de la construction, de l’extension, de la légitimation de l’action publique en matière culturelle. Au fil des pages et des années, s’édifie sous nos yeux, un consensus sur la légitimité, la nécessité de l’intervention de l’État dans les affaires culturelles. » (L. Martin)

« De 1955 à 2014, on a des articles, des discours, des extraits qui racontent l’histoire d’une victoire. C’est-à-dire l’installation dans le paysage administratif et politique d’un ministère et d’un ensemble de politiques publiques. » (L. Martin)

« Si on lit cet ouvrage de manière processuelle, on passe d’une entreprise de politisation de pratiques sociales et culturelles à une technicisation, une professionnalisation, une institutionnalisation croissantes qui risquent […] de vider de son contenu et de ses enjeux proprement culturels une politique culturelle, c’est-à-dire qui serait une politique culturelle finalement devenue simplement gestion d’un secteur économique, social, parmi d’autres. » (L. Martin)

« On a des évolutions absolument sensibles dans ce recueil, où l’on passe d’un plan de sept ans pour une politique des Beaux-Arts en 1955 à une suggestion, en 2010, de la création d’un ministère de l’Économie et des industries culturelles. On mesure le chemin parcouru. Le passage des Affaires culturelles au ministère de la Culture et de la Communication à lui seul en dit assez long […] sur la place (enfin) reconnue […] aux industries culturelles, à leurs technologies, à leurs produits, aux usages qu’elles génèrent. » (L. Martin)

« Aujourd’hui, nous sommes dans un système ouvert. Comment fait-on pour continuer à soutenir la création dans un système ouvert où ces acteurs sont mis en concurrence avec des acteurs qui par définition n’ont aucune obligation ? » (D. Kessler)

« Est-ce qu’au fond, la culture, c’est d’abord la défense de l’attractivité de notre patrimoine, ou bien c’est l’action pour le futur, la création ? » (D. Kessler)

« Il y a aujourd’hui des impensés forts de la politique culturelle. L’impensé de la déconcentration et de la décentralisation, c’est-à-dire la place prise par les collectivités locales, et le fait que le ministère n’ait pas complètement adapté son action publique. […] Le second impensé, c’est le fait que les ‘’enfants’’ que le ministère a créés, notamment sous l’ère Lang, ce sont des enfants qui ont un peu dévoré les parents. Je pense aux établissements publics. Aujourd’hui, ce qui fait une grande partie de la politique culturelle, ce sont les établissements publics, ce qui fait le rayonnement de la politique culturelle, ce sont les établissements publics. » (D. Kessler)

« Il m’a toujours semblé que si la culture était un secteur économique, il faut l’aider comme les secteurs économiques. » (D. Kessler)

« Une autre considération, c’est l’idée que tout part de l’État, c’est l’idée des Lumières, c’est l’article de Rousseau dans ses comédies. La politique de l’art est trop sérieuse, c’est l’État qui la mène, parce qu’elle concerne le bonheur de tous les citoyens. C’est dans la doctrine révolutionnaire française. Rien de surprenant à ce que nous soyons encore sous cette influence. […] Je vois dans le texte de Jeanne Laurent, que l’expression « décentralisation culturelle » veut bien dire ce qu’elle veut dire, c’est-à-dire que c’est la politique d’État qui descend dans les communes. Ça n’a jamais été le cas en réalité. » (M. de saint Pulgent)

Références

Quelle politique pour la culture ? Florilège des débats (1955-2014). Textes réunis et présentés par Philippe Poirrier, La Documentation française, 2014 [en savoir plus]
La politique culturelle en débat. Anthologie 1955-2012. Textes réunis et présentés par Philippe Poirrier, La Documentation française, 2013 [en savoir plus]

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